Alexandre Stolypine, alias Psyckoze, descendant d’une grande famille russe, est né en 1969. Dès l’enfance, l’art fait partie de son quotidien : un père adepte des musées, un oncle peintre qui lui a légué sa boîte d’aquarelle. C’est un peu avant l’adolescence que le mouvement punk alimente sa rébellion. Son futur blaze, PsyckozeNoLimit, le situe paradoxalement assez éloigné de la culture hip-hop.
Puis, en tant que pensionnaire, il découvre une photo d’un wagon du métro new-yorkais entièrement peint… et comme le hasard fait bien les choses son condisciple, Graff 2, fait partie du groupe Bomb Squad 2 tout juste crée par Bando. Alex est un fan de cette désormais légendaire figure de l’art du graffiti qui fait le pont entre Paris et New York.
C’est en 1984, alors qu’il a tout juste 16 ans, qu’il réalise son
premier graff, « Fred », le nom de la fille qu’il veut ainsi épater, et
qu’il trouve son tag, « Acro », tout aussi connoté que sa bande des
Stoned Painters…Il se met alors à taguer avec frénésie.
Désormais devenu Psyckose NoLimit, il rejoint différents groupes : KTA,
MAC (comme Mort Aux Cons) ou encore 156, le mythique crew new-yorkais
de Jonone.
S’ensuit la rencontre avec Colt, qui le conseille et devient comme son
mentor, puis la fin des années 80 où il commence une longue série
d’immenses fresques murales réalisées à la bombe.
De 1994 à 1997, tout en continuant de pratiquer son art dans la rue,
Psyckoze développe une œuvre personnelle sur toile. Il crée un univers
hanté par des personnages stylisés et sans visage, perdus dans un monde
urbain étouffant.
Avec « les gens qui font des trucs » (LGQFDT), nouveau collectif basé
dans le XIXe arrondissement de Paris, Psyckoze présente en 1997 «
Parcours et parpaings » : cinq années de travail sur toile mis en scène
dans une rue reconstituée, complètement vierge et entièrement peinte en
blanc. Cette même année, il est accueilli chez Jonone pour une première
exposition commune.
1999 : Psyckoze qui n’a pas d’atelier s’installe dans « La Fonderie ».
Un espace alternatif de Bagnolet où il montera plusieurs expositions.
Puis en 2005, il fonde le « 115 », un espace alloué légalement aux
artistes par la ville de Bagnolet. Psyckoze y concrétise trois idées
simples mais fortes : créer une résidence pour les artistes étrangers,
mettre à la disposition des jeunes artistes un espace de création,
développer un réseau international de culture urbaine. Ce lieu devient
vite le nouveau repère de la scène internationale du street art :
Other, Quik, Nunca, Safari, Leslie Kulesh, Isba, Mike Giant passent par
là.
En décembre 2008, un incendie brûle une grande partie de son œuvre
personnelle… mais l’artiste, obstiné, récupère les toiles les moins
endommagées pour les transformer en une œuvre nouvelle « in mémorium »
et présenter l’exposition « Tout feu, tout flammes » en juin 2009 au
Studio 55.